Castes

Le système des castes

Les castes

 Par B. Parvaz Ahmad

            La société indienne est divisée en castes, groupes humains déterminés qui s’inscrivent dans une hiérarchie au moins locale.

Qu’est-ce qui détermine la caste ?

            C’est la naissance. Aujourd’hui, on naît dans la caste de ses parents et on y reste toute sa vie, quels que soient sa profession ou son niveau de richesse.

Comment s’est formé le système ?

            Les textes anciens (Lois de Manu) expliquent la naissance du système par le démembrement de l’homme primordial : de sa tête seraient nés les brahmanes (prêtres, intellectuels), de ses bras les kshatriyas (guerriers et gouvernants), de son ventre les vaishya (commerçants et financiers), et de ses cuisses ou de ses pieds, les versions diffèrent, les shudras (paysans, professions de service). On obtient ici quatre varnas, « couleurs » ou « catégories », dont trois sont nées au-dessus de la ceinture. Tout ceci est très symbolique : la partie supérieure de l’être, siège de la pensée, du courage etc, est bien plus valorisée que la partie inférieure, méprisable. De fait, les trois premiers varna-s sont aussi appelés « deux fois nés » (dvija) car vers l’adolescence les jeunes garçons qui en font partie reçoivent une initiation qui leur permet d’étudier les textes sacrés. Les shudra, tout en bas de la hiérarchie, n’ont pas ce droit car ils ne sont pas assez purs. On constate donc que la division sociale s’opère selon des critères socio-économiques, qu’on y retrouve la vieille division tripartite indo-européenne religion - guerre - peuple[1] mais pas simplement : la hiérarchie s’inscrit aussi dans une logique de pureté et d’impureté symbolique. Ainsi, les castes les plus pures sont les plus élevées : elles pratiquent des activités jugées non polluantes, ne mangent pas d’animaux, et parfois même s’abstiennent de consommer certains légumes (oignons, ail). Plus on descend dans la hiérarchie, plus on trouve de consommateurs de viandes (des plus petites au plus grosses) et des professionnels de l’impureté : coiffeurs, balayeurs, musiciens, cordonniers. Si vous avez suivi jusque là, certaines questions ne manqueront pas de vous venir à l’esprit, comme par exemple celle de la logique qui sous-tend ce système de pureté : en quoi un coiffeur est-il un professionnel de l’impureté ? Et pourquoi un guerrier serait-il plus pur qu’un commerçant puisqu’on dirait qu’ôter la vie rend impur ? Je vous laisse patienter encore un peu. Rappelez-vous pour l’instant que le système des varna-s a été diffusé par les Aryens, peuples indo-européens venus par le nord-ouest, à travers l’Inde. Ils ont trouvé à leur arrivé des peuples indigènes (dravidiens, austro-asiatiques, tibéto-birmans) auxquels ils se sont plus ou moins assimilés et qu’ils ont surtout tenté d’assujettir. Ces peuples se sont retrouvés en masse dans la quatrième classe, celle qui n’existait pas chez les Indo-européens. Ainsi, plus on avance vers le sud de l’Inde, moins on trouve de population appartenant aux trois premiers varnas.

            Au sein de ces varna-s sont apparues des distinctions qui ont donné naissances aux différentes castes (jati, littéralement « espèce »).

Alors cette hiérarchie de la pureté, elle tient à quoi ?

            La pureté est avant tout rituelle et non physique. Nous avons déjà vu que la consommation de certains aliments rendait moins pur. Certaines activités aussi rendent impurs, même après un bon bain. C’est le cas des coiffeurs-barbiers, dont les épouses sont souvent sages-femmes, parce qu’ils sont en contact avec des substances excrétées par le corps d’autrui (cheveux, poils, sang). Aujourd’hui, on trouvera encore peu de candidats au poste d’infirmière parmi les hautes castes à cause de ce préjugé.

            La manipulation des saletés en générale rend impur : le balayeur est tout en bas de l’échelle sociale, ainsi que l’égoutier, ou le blanchisseur. Les castes les plus basses sont celles qui travaillent autour des cadavres d’animaux ou d’humains : bouchers, tanneurs, cordonniers, équarisseurs, fossoyeurs.

            Entre les castes de commerçants et les castes les plus basses se trouvent les agriculteurs et les artisans (hors travail du cuir) dont la hiérarchie générale est assez floue et déterminée dans un périmètre restreint. Les forgerons et orfèvres, par exemple, ont une place très ambiguë, parfois assez élevée et parfois très basse. Les potiers sont en général en bas de tableau. Jusqu’au début du XXe siècle, il existait une certaine fluidité parmi ces castes intermédiaires. Les recensements britanniques successifs ont rendu ce système beaucoup plus rigide aujourd’hui.

Les castes sont-elles définies par une profession ?

            Autrefois, une caste avait une fonction particulière, si ce n’est un métier traditionnel. La société pratiquait alors une économie basée sur l’échange de services et la rémunération en nature par les castes dominantes.

            Aujourd’hui, c’est de moins en mois le cas. De nombreux intouchables sont ouvriers journaliers à la ville ou à la campagne Ambedkar, père de la constitution indienne et intouchable, était avocat. De nombreux brahmanes n’exercent plus les professions de prêtre ou d’enseignant et se sont tournés vers le commerce ou l’industrie. Les castes kshatriya ne forment pas le gros de l’armée ou de la police indienne (il n’y en aurait pas assez). Cependant, certains « plafonds de verre » demeurent. Les professions les plus salissantes sont toujours exercées par des basses castes, la fonction traditionnelle restant un ultime recours quand on ne trouve pas d’autre emploi. Les fonctions de gestion d’équipe ou de leader restent réservées aux hautes castes et la nomination à un poste de chef d’équipe d’une personne de basse caste peut être très négativement ressentie par des employés de castes plus élevées. Pour briser ce plafond de verre, une enquête avait été réalisée par le gouvernement à la fin des années 1980 pour aboutir au rapport Mandal qui préconisait la discrimination positive grâce aux quotas (voir ci-après).

Peut-on se marier entre castes ?

           La loi l'y autorise, mais dans les faits, c'est très rare. On dit qu’une caste est un groupe endogame. Toutefois, il est admis qu’une femme d’une caste ou sous-caste légèrement inférieure épouse un homme d’une caste un peu supérieure (hypergamie). L’inverse est très mal vu et a donné naissance à d’innombrables chansons et gestes populaires sur le thème du mariage impossible du héros de caste moyenne avec une princesse qui parfois le méprise au départ (Lorik, Heer-Ranjha). L’enfant prend la caste de son père. Les unions entre individus issus de castes différentes peuvent conduire à l’exclusion de la caste, surtout si la différence hiérarchique est importante, et à l’intouchabilité.

Qui sont les intouchables ?

            Ce sont les individus les plus impurs selon la hiérarchie des castes, de par leur profession traditionnelle ou leur mode de vie. On y trouve aussi ceux qui n’ont pas été assimilés par l’hindouisation de la société : ce sont à l’origine les populations tribales ou les aborigènes (âdivâsî-s). Il est aujourd'hui politiquement très incorrect de parler d’intouchables. Dès le début du XXe siècle, Gandhi avait lancé le terme « harijan » (enfants de Dieu), jugé par la suite trop paternaliste par les individus concernés. Ils se sont choisi leur propre nom, « dalit », les opprimés. L’administration, quant à elle, parle pudiquement de « scheduled casts » et « scheduleds tribes » (SC et ST).

Comment se manifeste la discrimination de caste ?

            Si la constitution indienne de 1950 n’a pas aboli le système des castes, elle a aboli la discrimination fondée sur la caste. Autrefois dans tout le pays, les intouchables étaient mis à l’écart, leur simple présence étant jugée polluante pour les hautes castes. Certains traités expliquaient que même leur ombre était polluante et qu’ils devaient marcher à bonne distance des hautes castes pour éviter ce contact symbolique.

            Physiquement, les basses castes ou intouchables étaient relégués à la périphérie des villages ou dans des quartiers à l’écart (c’est toujours le cas des cheri-s au Tamil Nadu, par exemple). Ils devaient observer certaines règles en présence des castes plus hautes : pas de port de la blouse pour les femmes, pagne relevé pour les hommes, pas de chaussures en signe d’humilité. Dans les restaurants et autres cantines, ils avaient des verres à part, souvent ébréchés, ou étaient servis dans des tasses jetables en argile fine. La liste des usages n’est pas close. Aujourd’hui, certaines de ces pratiques subsistent, surtout dans les villages où tout le monde se connaît et où les pratiques mettent du temps à changer. La façon de s’adresser à des castes inférieures ou supérieures y est également toujours codifiée.

Les quotas de réservation sont-ils une solution ?

            Pour faciliter l’accès à toutes les professions du service public et à l’université, l’Etat indien a donc instauré une politique de réservation de places pour les castes dites « défavorisées » dans les années 1990 en fonction de leur poids démographique. Les ST ont reçu un quota de 7%, 15% pour les SC, et 27% pour les OBC (other backward classes). Si cela a théoriquement ouvert la porte de la fonction publique aux basses castes, ce sont en réalité les plus nantis de chaque catégorie et leurs réseaux qui en ont profité les premiers. D’autre part, cela imposait de prendre à l’entrée des universités un certain nombre de représentants des basses castes qui avaient été reçus aux examens avec de moins bons résultats que les hautes castes. En effet, il suffit d’obtenir 33/100 à une caste « défavorisée » pour passer là où une autre caste aura besoin de la moyenne. Cette situation a créé plusieurs problèmes : un ressentiment des hautes castes refoulées alors que leurs résultats étaient meilleurs, une baisse du niveau général et un problème de compétence des basses castes sélectionnées sur de médiocres résultats, et donc un défaut de reconnaissance des basses castes, toujours soupçonnés d’avoir bénéficié d’une formation « au rabais ». Un autre effet secondaire de cette politique a été la demande de toute une série de castes à la limite du système à être reconnues comme « défavorisée »[2]

Et les femmes dans tout ça ?

            Ici  rien de nouveau sous le soleil : les femmes sont dans tous les cas plus impures que les hommes. Elles ne sont pas considérées rituellement comme des deux fois nées et n’avaient à ce titre autrefois pas accès à l’étude des textes sacrés en raison de leur impureté (toujours cette histoire de ragnagnas et d’enfantement…). Bien entendu, les femmes gardaient théoriquement leur statut de caste et une femme brahmane ne pouvait être égale à une femme shudra, comme nous l’avons vu dans le cas des mariages. Il est intéressant que les seules femmes qui avaient accès à l’éducation autrefois étaient les courtisanes, ainsi que les danseuses des temples (activités souvent confondues), qui devaient savoir satisfaire les hommes et les dieux également en faisant preuve d’une culture étendue et raffinée

Quelques saines lectures :

- Viramma, une vie paria (récit recueilli par J.L. et J. Racine), éd. Plon, coll. Terre humaine, 1994.

- Homo Hierarchicus, Louis Dumont

- La Cour suprême de l’Inde et la discrimination positive, C. Jaffrelot, 2010 : http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/cahiers-du-conseil/cahier-n-27/la-cour-supreme-de-l-inde-et-la-discrimination-positive.51457.html



[1] Cette question est toutefois débattue car il semble qu’une hiérarchie sociale existait déjà chez les Dravidien, avant l’arrivée des Aryens.

[2] Les Jats du Haryana et du Pendjab, par exemple, qui se revendiquaient kshatriya autrefois mais n’étaient pas reconnus comme tels par les autres kshatriyas, se sont mis à réclamer le statut d’OBC. 

Dépouillés de toute dignité

Dans les régions rurales de l'Inde, les pratiques discriminantes du système des castes ne sont toujours pas abolies. Au Tamil Nadu, où les castes supérieures (dites "deux fois nées" : brahmanes, kshatriyas, vaishyas) sont peu représentées, la société est composée presqu'exclusivement de basses castes, propriétaires terriennes ou autres, et d'intouchables, appelés également dalits (opprimésà depuis quelques décennies. 

Ici, dans le village de Vadugapatti, un jeune garçon dalit de onze ans revenait de l'école avec des copains lorsqu'un jeune de caste Kallar, Nilamaalai, a croisé leur route. Il a laissé repartir les camarades du garçon, qui étaient nu-pieds, et a humilié celui-ci en l'obligeant à porter ses chaussures sur la tête et à défiler ainsi sur la scène du village réservée aux évènement culturels. 

Suite à ces évènements datés du 3 juin, la mère du jeune garçon a porté plainte auprès de la police, qui a d'abord tenté de régler l'affaire à l'amiable. Alors que la mère du garçon dalit était allé demander des explications à Nilamaalai, celui-ci l'avait insultée et avait menacé de l'éliminer si elle allait trouver la police. Il avait sans doute cru qu'elle endurerait l'affront sans rien dire, mais il n'en fut rien. Comme la police tardait à intervenir, elle dut solliciter des activistes dalits pour obtenir gain de cause. Nilamaalai, son frère et son père ont été arrêtés, mais la mère a demandé à être relogée dans un autre quartier et que son fils soit scolarisé dans un autre établissement pour éviter les représailles. 

La loi indienne interdit, dans des articles du Code Pénal, les insultes intentionnelles ou les intimidations visant à humilier un membre d'une caste intouchable ou d'une minorité tribale en tout lieu visible par le public, et condamne les délits tels que l'interdiction de passage sur la voie publique, l'interdiction d'usage ou d'accès à un lieu public faite à un intouchable ou à un tribal, tandis que le reste du public y a libre accès ou en a libre usage. (Informations tirées de Frontline, 12 juillet 2013)

Une autre histoire inter-castes, qui s'est récemment mal finie. D'après Frontline et the Hindu (juillet 2013)

Une rupture forcée ? 

En novembre 2012, les flammes du castéisme ont dévoré trois quartiers dalits dans le district de Dharmpuri, au Tamil Nadu. La colère suscitée par le mariage en octobre  d'E. Elavarasan, un dalit de Natham clony, avec N. Divya, membre de la basse caste des Vanniyars et originaire du hameau proche de Sellankottai (...), a explosé le 7 novembre dernier après le suicide du père de la jeune fille qui s'est tué "de honte". Pas moins de 136 maisons ont été incendiées et 325 détruites dans les colonies de Natham, Anna Nagar et Kondampatti à Naikkankottai (...). 

Depuis lors, le couple a fui, par peur des représailles d'une faction de la caste. Récemment, Divya a décidé d'abandonner son compagnon dalit et de retourner auprès de sa mère, N. Thenmozhi.  Dans une plainte (...) enregistrée à la Haute Cour de Madras en mars cette année, Thenmozhi a accusé Elavarasan et sa famille d' "enlèvement et de séquestration" de leur fille depuis le 8 octobre. Le 7 juin, Divya créa la surprise en apparaissant au tribunal aux côtés de sa mère. Dans sa déposition devant le tribunal, Divya, nous dit-on, a déclaré "se trouver dans un état mental très perturbé" suite au suicide de son père et aux violences consécutives, et vouloir rester avec sa mère. 

Dans une plainte (...) enregistrée auprès de la Haute Cour de Madras en mars dernier, Thenmozhi accusait Elavarasan et sa famille d'avoir "enlevé et séquestré" sa fille depuis le 8 octobre. Le 7 juin, Divya a créé la surprise en apparaissant au côté de sa mère à l'audience. On y a appris que dans sa déposition devant le tribunal, Diviya a déclaré qu'elle était "dans un état de grand bouleversement mental" suite au suicide de son père et aux violences consécutives, et qu'elle voulait rester avec sa mère. 

K. Balu, membre du Forum des Avocats pour la Justice Sociale et fonctionnaire au PMK, un parti bien ancré socialement dans la caste des Vanniyars et opposé à ce qu'il considère être des "mariages de carte-postale", a déclaré que Divya ne souhaitait pas non plus revoir Elavarasan "maintenant". 

Elavarasan a attendu dans l'enceinte du palais de justice, espérant rencontrer Divya et la convaincre de revenir avec lui dans sa famille, mais en vain. De son côté, elle n'a cependant rien dit contre lui ou sa famille. "On nous a séparé de force", a déclaré par la suite Elavarasan à Frontline. 

Des interrogations demeurent...

Des questions ont été soulevées concernant la comparution volontaire ou forcée de Diviya au tribunal. Balu affirme que le garçon avait 19 ans au moment où il a prétendu épouser la fille, qui en avait alors 20. "C'est contraire aux principes de la Loi sur le mariage hindou de 1955, et l'acte ne comporte pas d'immunité légale !" a-t-il déclaré. 

Les parents d'Elavarasan ont affirmé que le mariage de  leur fils avait d'abord été célébré dans un temple en Andhra Pradesh, puisà nouveau dans un autre à Dharmapuri qui appartenait au Conseil des Legs Religieux Hindous et Caritatifs du Tamil Nadu. Ils ont ajouté que les autorités du temple de Dharmapuri avaient refusé à la dernière minute de leur délivrer le certificat d'enregistrement du mariage ainsi que la photo, par peur d'une réaction violente. 

"Si on leur avait donné l'acte de mariage, cela aurait été une preuve documentée éblouissante. Il en aurait été autrement aujourd'hui", dit affligé T. Elango, le père du garçon, employé comme assistant aux archives du CHU de Dharmapuri. 

L'écrivain et ex-législateur N. Ravikumar, du parti VCK, était d'avis que, bien que des personnes extérieures n'aient pas leur mot à dire en matière de mariage, "lorsque cela se répercute sur la société, il faut y réfléchir sérieusement." Dans le cas présent, le mariage a déclenché des violence qui ont touché près de 500 dalits. 

"L'Etat doit intervenir pour maintenir l'ordre et procurer un secours aux victimes de violence, conséquence directe du mariage", a-t-il dit. "Tous les amants portent-ils sur eux des  documents qui prouvent leur affection mutuelle et spontannée ? Est-ce un péché d'aimer quelqu'un hors de sa caste ?" s'interroge Ravikumar.

 Selon lui, l'argument de minorité du garçon au moment du mariage ne tient pas à ce stade. C'est un parti de caste qui a oeuvré pour séparer les jeunes gens. 

Selon U. Vasuki, secrétaire national de l'Association Démocratique des Femmes de l'Inde, un mariage à l'intérieur de la caste permet de perpétuer le système, puisque la femme est considérée comme la "gardienne de la pureté de la caste". Elle affirme que Divya a subi des pressions de la part du PMK et de la communauté vanniyar. "Comment une jeune fille pourrait-elle affronter un si grand traumatisme ? On lui fait du chantage émotionnel."

Les activistes considère l'incident comme un motif de ralliement contre les forces qui s'appuient sur les castes et sont vent debout pour créer des divisions dans la société qui ne leur rapporteront que de "maigres bénéfices électoraux". Ils rapportent que même lors de la dernière audience à la Haute Cour, Divya a dit au tribunal qu'elle resterait avec Elavarasan. Cette fois-là, il l'avait accompagnée. 

Le leader du VCK, Thol Tirumavalavan, déclare : "Nous ne soutenons pas la croyance populaire selon laquelle les mariages entre castes éradiqueraient les castes de la société. Ces mariages créent à la place un nouvelle ordre de caste, dans lequel leur progéniture porte une étiquette de 'sans caste' ou bien la caste de leur père. Nous souhaitons un changement radical des mentalités."

Un dessein politique 

Il accuse le PMK de profiter de la situation traumatisante de la jeune fille pour restorer sa base politique érodée. "A une époque où nous nous battons pour une société sans caste, le PMK mène les gens vers l'obscurantisme. C'est l'act atroce d'un mal social", dit-il.

"Nous avons vécu ensemble jusqu'au mois d'octobre", déclare Elavarasan,"Je n'aurais jamais cru qu'elle m'abandonnerait. Elle a été victime des circonstances."

Ses parents et lui-même ont déposé plainte auprès de la police de Dharmapuri Town par mesure de précaution, pour la disparition de Diviya depuis le 4 juin. Entretemps, un haut jury constitué par la Haute Cour (...) a tenu des permanences dans les colonies affectées par les émeutes entre les 9 et 11 juin afin de recevoir les demandes de réparation des victimes.

Le gouvernement a débloqué 73,2 millions de roupies pour divers travaux de réhabilitation dans les colonies touchées, dont 16,3 millions du Fonds de Secours du Ministre en Chef pour 268 familles. Selon le préfet du district R. Lilly, "Nous prenons les mesures nécessaires pour alléger les souffrances des victimes". 

Nouveau rebondissement : le corps du jeune homme a été retrouvé sans vie sur la voie ferrée, derrière le College de Dharmapuri. Selon la police, il serait venu en moto, se serait assis quelque temps au bord des rails, avant de s'allonger à l'approche du train. Cependant, il n'a laissé aucune note et venait de retirer une forte somme d'argent plus tôt dans la journée. Ses parents pensent qu'il a été assassiné et que son meurtre a été maquillé en suicide...(d'après the Hindu, 5 juillet 2013)


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